C’était le 16 mars 2008.
Jean-Marie Rausch venait d’être battu par Dominique Gros.
Et par l’alliance ZimBeauBeck.
Et sans doute, par lui-même.
Mais que se serait-il passé ces 12 derniers mois si Jean-Marie l’avait emporté ?
Le projet de place piétonne couvrant le Parking de la République est bien avancé.
Tout comme Pompidou.
Les cyclistes continuent d’emprunter la main sur le guidon le plateau piétonnier.
Certaines rues de Metz sont restées plus propres.
D’autres, oubliées pendant 37 ans, plus sales.
Les livraisons n’encombrent la circulation qu’aux heures autorisées.
Sous le regard attentif des policiers municipaux, Taser à la ceinture, dont les effectifs ont triplé.
Les contractuelles ont repris la course au PV.
Emmanuel Lebeau cherche une nouvelle façon d’exister politiquement (mais l’a-t-il trouvé ?...) en attendant la prochaine fois.
Pierre Bertinotti nargue -chaque dernier jeudi du mois- Dominique Gros en Conseil Municipal et argumente le lundi suivant, en conseil communautaire, l’incroyable augmentation des impôts justifiée par la nécessaire solidarité des communes de la CA2M. Une solidarité visant à soutenir la réalisation des Grands Travaux que les acteurs du BTP ont entrepris (comme ailleurs en France) pour compenser les effets de la crise en embauchant tout chômeur de plus de 20 ans.
Et les messins s’étripent sur la nécessité de ce métro aérien et de l’autoroute circulaire que le 1er Magistrat Messin a sorti de son chapeau le jour où il remettait à Noël Jouaville l’Ordre National du Mérite.
Les militaires, eux, ne disent que du bien de Jean-Marie qui a sauvé la présence de l’uniforme à Metz.
Bien sur c’est Bitche et Dieuze qui payent les pots cassés, mais Nicolas ne pouvait pas faire cela à son ami qui l’avait si bien accueilli pendant la campagne présidentielle de 2007…
Dans son grand bureau, avec vue sur la Place d’Armes, Jean-Marie relis l’article de son journal (redevenu) favori qui évoque les 3 mois de prison fermes dont Tof vient d’écoper pour ses affichages sauvages et grotesques.
Il se souvient avec émotion de la mise au placard de quelques journalistes mal intentionnés.
Sans avoir rien demandé directement bien sur, d’autres sont là pour cela !..
Une petite purge dans les services municipaux a également été nécessaire.
Il faut bien montrer aux messins qui est le patron.
En regardant passer Julianne Bir venue lui déposer un rapport inutile (mais il faut bien l’occuper et maintenir l’ambiance glaciale –pardon, la saine émulation- qu’il a installé entre elle, Jérémy Aldrin, Anne Stémart et Patrick Thil), Jean-Marie se souvient de toutes ses femmes qui ont tenté leurs chances pour atteindre son Trône et qu’il a si bien manipulées…
Nathalie Griesbeck est candidate aux Européennes, mais pas à la place que la député sortante revendiquait…
Marie-Jo Zimmermann est suspendue pour 8 ans de l’UMP. Toujours cela de gagné. En attendant de coincer Jean-Louis Masson.
Il faut qu’il en reparle au nouveau Procureur…
Et Jean-Marie se dit, en gagnant l’ascenseur de verre dans son grand manteau de cuir, qu’il va falloir tout à l’heure expliquer à la seule femme qui lui tient tête, la sienne, pourquoi il a décidé de se présenter à la prochaine sénatoriale : Nul autre ne lui arrive à la cheville.
Ce qui ne l’empêchera pas dès demain d’assurer de son soutien les deux jeunes loups aux dents longues qui revendiquent déjà, lui comme elle, chacun de son côté, ce mandat sénatorial si convoité...
