Capitale de la Lorraine (administrative au moins, n’en déplaise aux voisins nancéiens), Metz est aujourd’hui à des années lumières des clichés longtemps véhiculés par ces appelés qui connaissaient surtout de la ville l’arrière austère de sa gare d’époque prussienne.
Ils y transitaient alors en direction de la RFA pour de longs mois de service militaire dans les régiments français d’Outre Rhin.
Metz aujourd’hui est une cité souvent jugée magnifique par ses visiteurs, venus notamment de Paris en 1h22 de TGV-Est.
Vitrine de l’écologie urbaine -chère à Jean-Marie Pelt, l’enfant du pays, ami et ancien
adjoint du maire Jean-Marie Rausch- l’austère ville de garnison est désormais l’addition d’un hyper-centre aux immeubles de pierre couleur jaune mirabelle (la fameuse
pierre de Jaumont locale) bordé par la Moselle, d’une ceinture de verdure et d’un agglomérat de villages rattachés
au fur et à mesure des années.
125.000 habitants y habitent.
225.000 peuplent la CA2M, la Communauté d’Agglomération de Metz-Métropole dont le Président en exercice est également le maire de Metz depuis sa création (forcée) en 2002.
Et pour prendre la tête de ce vaisseau des Marches de l’Est le 17 mars prochain, les candidats sont nombreux et pour la plupart,
bien connus des messins depuis longtemps…
Je les classe en 3 catégories.
Les maires potentiels.
Jean-Marie Rausch (l’ami de Yann Barthès, chroniqueur de Canal Plus et anti-mosellan primaire…) : 78
ans, ancien sénateur, ancien président du conseil général, ancien président du conseil régional et premier magistrat de Metz depuis 1971, il brigue un 7ème mandat, cas unique pour un
maire de grande ville française.
Ce qui le pousse ? « Que pourrait-il bien faire d’autre ! » répondent ses détracteurs et certains de ses amis.
« Il n’a pas pu s’en empêcher », précise la MoDem Nathalie Griesbeck, son ancienne première adjointe et dauphine déchue.
« Je ne pouvais pas laisser dire que je laissais le Projet du Centre Pompidou Metz
inachevé avec à la clé une ardoise pour son fonctionnement comme le prétend mon opposition », explique l’intéressé le 20 décembre dernier en annonçant sa candidature.
Il est soutenu par le président des Jeunes Pop 57, les jeunes de l’UMP, qui sera sur sa liste. Le
rajeunissement est en marche.
Signe particulier : timide et passionné de photo. N’est pas
franc-maçon…
Dominique Gros : l’adversaire historique. Conseiller général d’un canton de la ville, secrétaire de la section de Metz-Nord du Parti Socialiste, il emmène avec le PC, une partie du Modem, les Verts et des représentants de la société civile, une liste d’ouverture construite « non pour gagner, mais pour gagner ET gérer ». Tant il semble pour la première fois
depuis bien longtemps à la Gauche que la Place d’Armes, où trône l’hôtel de ville est enfin à sa portée.
Toutefois la primaire qui l’a opposé
à Richard Lioger (Président de l’Université Paul-Verlaine qui depuis est son porte-parole) et à Pierre Bertinotti (énarque Promo Villepin et Royale issu d’une vieille famille messine) a laissé des traces.
Lioger fait le dos rond en attendant son heure (qui pourrait arriver plus vite que prévue en cas de défaite de la Gauche).
Bertinotti a rejoint Rausch et
adhéré à la Gauche Moderne de Bockel.
Signe particulier : fut adjoint de Jean-Marie Rausch dans la période de cohabitation Mitterrandienne pendant laquelle le maire de Metz fut 3 fois
ministre.
Marie-Jo Zimmermann : l’ennemie de Jean-Marie. Ces deux-là n’ont officiellement jamais réussi à s’entendre. Même si
parfois le combat est à fleuret moucheté quand chacun croit pouvoir y trouver son compte… La clé de leur antagonisme a pour nom Jean-Louis Masson, un sénateur divers-Droite proche de la député UMP
réélue dès le premier tour aux dernières Législatives. Masson déteste Rausch qui le lui rend bien au rythme des procès qu’ils n’ont cesse de se faire depuis des années pour des motifs les plus
divers.
Marie-Jo Zimmermann a annoncé très tôt sa candidature et depuis début janvier, rejointe par le second député de Metz Denis Jacquat, elle a décroché l’investiture UMP.
Un soutien national qu’espérait Jean-Marie Rausch, soutenu en cela par le 3ème député de Metz (et maire de la petite commune voisine) François Grosdidier (celui des You-you à l’Assemblée), patron départemental de l’UMP qui se voit ainsi désavoué.
Le soutien de Grosdidier était parait-il lié à la promesse que Rausch lui aurait faite de lui confier la présidence de la CA2M s’il remportait un
7ème mandat à Metz !
Et je vous passe les manœuvres des copains de Grosdidier pour déstabiliser un autre maire
Jean-Luc Bohl, celui de Montigny-lès-Metz, 1ère ville en importance après Metz (25.000 habitants dont moi) à qui la présidence devrait logiquement revenir si ce n’est pas le maire de
Metz qui la garde pour lui.
Bref un formidable marigot à Droite où il m’arrive même parfois de m’y perdre ;-)
Signe particulier : est LA spécialiste politique française de la Parité.
Les outsiders.
Nathalie Griesbeck. Patronne du MoDem local et par intérim (qui dure) du MoDem départemental. Ancienne 1èreDauphine désignée, elle a perdu tout espoir de conquérir la mairie de l’intérieur quand en 2000, face à ses prétentions, JM Rausch a déclaré qu’ « elle n’était pas mure » ! adjointe de Rausch de 1995 à 2001 et
Devenue depuis Député Européenne, elle est persuadé que
l’électeur messin n’attend qu’elle.
Signe Particulier : Sa question de base à chaque interlocuteur : « Que dit-on de
moi ? »…
Emmanuel Lebeau. Expert-comptable mosellan à la tête de Metz 2008.com, une association qui a fait
les pire coups à JM Rausch : la reine de la Prune est dans toutes les
mémoires locales, tout comme le PV d’Or.
Mais le pire a sans doute été de lui proposer la 55ème place sur leur liste ! Et de l’attaquer à tout bout de champ sur la minéralisation actuelle des grandes places de la ville et les problèmes de circulation dans l’hypercentre.
Lebeau veut redynamiser la ville avec sa bande de jeunes en étant le maire moderne de tous les quartiers.
Fait beaucoup dans la Com.
Et poursuit l’action de déstabilisation de Rausch entreprise dès 2000 avec une association baptisée à l’époque…
Metz2001.com !
Signe particulier : travaille tous les jours au Grand-duché de Luxembourg comme 80.000 autres lorrains. Est le seul à avoir publié un livre programme pour 2008.
Les hypothétiques
Thierry Gourlot, patron du FN ; Mario Rinaldi pour Lutte Ouvrière ainsi que les têtes de liste du Parti des Travailleurs et de la
LCR.
Mais je constate que je ne vous ai pas parlé de Christiane Pallez, Roger Cayzelle, Thomas Scudéri, Sébastien Koenig,
Julianne Bir, Aline Hombourger, Thierry Jean, Noël Jouaville, Patrick Thill, Philippe Leroy, Jean-Pierre Masseret, Jean-Jacques Aillagon, Gérard
Longuet, Anne Stémart, Sylvain Kastendeuch, Jean-Pierre Jager, Le Républicain
Lorrain, etc.
Bon, allez promis, le prochain billet sera plus court mais je vous invite à garder celui-là sous le coude si vous voulez vous y retrouver dans le bordel
ambiant des prochaines semaines…
Même le Graoully en a la tête qui tourne !!!
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