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Faits, opinions et humeurs - Le blog de @jcdrpro

Nicolas Sarkozy sait-il encore communiquer ? (mise à jour)

14 Mars 2012 , Rédigé par jcdrpro Publié dans #Billets

La question mérite d’être posée. L’homme qui tout au long des années 2000 a fait de la communication politique un atout maître -gommant au passage tout ce qui pourrait apparaître comme une vision au long terme, des idées fondatrices d’un contrat, d’un projet entre lui et le citoyen- semble aujourd’hui avoir perdu ses propres repères.

Le toujours plus, toujours plus gros, toujours plus égotique, pourvu qu’en face, journalistes, militants, opposants, citoyens avalent la couleuvre, semble aujourd’hui inefficace face à la terrible, l’implacable vérité du terrain. Lui à qui il a tant été donné par une majorité d’électeurs en 2007 se retrouvent face à des gens, de droite ou pas, et pas seulement de petites gens, dont le niveau de vie devait progresser à en croire le candidat élu il y a 5 ans, et qui n’hésitent pas à dire qu’il les a trompé quand ils font chaque fin de mois, parfois chaque fin de semaine, le solde de leur budget familial.

Nicolas Sarkozy, lui qui en était le maître dans les années 2000, a-t-il perdu la bataille de la communication politique ?

Le 1er tour et/ou les historiens le diront. Je ne suis pas Mme Irma.


Mais je constate que sur le dossier ArcelorMittal Florange, le candidat -qui ne peut pas tout connaître mais ferait bien de s’entourer de spécialistes, voire de lorrains- aurait intérêt de se mettre rapidement à la page et de cesser de se faire enfler par la famille Mittal dont les revenus ne cessent de progresser quand ceux des sidérurgistes de la Fensch, comme avant eux ceux de Gandrange, ne font que fondre comme neige au soleil.

Ce n’est pas digne d’un candidat sérieux d’annoncer comme des victoires arrachées de haute lutte face à un « méchant capitaliste » des investissements qui n’en sont pas vraiment et dont les montants (17millions d’€) sont connus depuis longtemps.

Cette attitude est indigne d’un Président de la République.


Nicolas Sarkozy qui a bien compris qu’il était en train de perdre la main sur le dossier de Florange, après avoir réalisé une interview matinale sur une grande radio périphérique au cours de laquelle il n’a pas dit un mot sur le dossier mosellan, convoque via le Préfet de Région, quelques heures plus tard, pardon invite, les syndicalistes lundi prochain à 11h à l’Elysée.

Plutôt que de venir les rencontrer sur le terrain, là où précisément il est attendu depuis qu’il a annoncé qu’il se rendrait en Lorraine.


Les syndicalistes ne sont pas dupes. Ils ont fait savoir qu’ils prendront une décision commune pour savoir s’ils vont répondre ou pas à cette convocation. Et préviennent : « on espère qu’il a des choses concrètes à annoncer car on sait qu’il est en campagne. Si ce n’est pas le cas, ça (cette invitation) ne pourra qu’aggraver la situation ».

 

Nicolas Sarkozy est prévenu. La balle est dans son camp. Et ses options de jeu sont limitées.

La nationalisation ? « Foutage de gueule » ont répondu les syndicats à Borloo.

Mais alors que peut-faire le gouvernement d’un Etat qui s’est retiré depuis longtemps déjà du capital d’une entreprise pour la convaincre de prendre des décisions économiques qui ne vont pas le mettre (et la mettre) en difficulté ? Et ne pas mettre en difficulté le Président-sortant-candidat-pour-le-prochain-mandat ?

Je suis curieux d’entendre lundi ce que Nicolas Sarkozy en personne dira aux représentants des salariés qu’il tient tant à rencontrer chez lui, sur son terrain, sous les ors de la République…


Sa ré-élection se jouera-t-elle là ? Sans doute pas. Mais les électeurs de la Fensch dans l’isoloir lors du 1er tour aura très certainement à l’esprit ce qui sortira de cette… invitation parisienne.

 

Mise à jour du 15/03/2012 :

Alors que 200 sidérurgistes d'ArcelorMittal descendaient du bus, comme annoncé depuis 2 jours, pour aller pique-niquer pacifiquement devant le QG du candidat Nicolas Sarkozy, ils se sont fait refouler et gazer à coups de lacrymogènes par un dispositif policier de belle taille. Diffusées en direct puis en boucle sur les chaînes infos, internet et les réseaux sociaux, le candidat parti en campagne une heure avant l'arrivée des 4 bus mosellans s'est agacé qu'on l'interroge sur cet accueil pour le moins musclé. Encore un joli coup de com politique... râté pour le président du peuple.

 

Le plus simple n'était-il pas de rester, manger un sandwich, tailler la bavette et repousser toute discussion sérieuse au rendez-vous élyséens du lundi suivant que les syndicalistes s'étaient dit prêts dans la matinée à accepter ?

Non manifestement, rencontrer des gens de terrains sans avoir la garantie que ce sont à 100% des militants sarkozystes purs et durs ne semble plus à la portée du président sortant si on s'entient à cette journée du 15 mars 2012...

 

 

 

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