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Faits, opinions et humeurs - Le blog de @jcdrpro

ArcelorMittal Florange, le « Gandrange » des socialistes

4 Janvier 2013 , Rédigé par jcdrpro Publié dans #Billets

Qu’un gouvernement de Droite -ou plutôt devrais-je écrire « qu’un Président de Droite » tant le Premier ministre d’un gouvernement Sarkozy était tout sauf un Premier ministre-, qu’un gouvernement de Droite donc, laisse délibérément , sans contreparties, un industriel sacrifier un site comme Gandrange, rien de très étonnant, le libéralisme est paraît-il à ce prix.

Que cela se fasse avec un cynisme consommé, par l’évocation d’engagements bidons lors d’un vrai-faux voyage de noce sur place est, avec le recul, tout simplement malsain.

Que la chose a posteriori soit décrite par des élus, y compris lorrains, commedramatiquement-incontournable-mais-c-est-la-faute-au-marché-de-l-acier-et-puis-les-emplois-ont-été-sauvegardés est un mensonge éhonté : allez donc en parler aux sous-traitants de Gandrange et à un certain nombre de salariés.

 

Donc la Droite est libérale, privilégie les patrons, mêmes étrangers, aux ouvriers et au passage empoche des bénéfices électoraux (des patrons, pas des ouvriers) voire, ne nous le cachons pas, des soutiens financiers lors de futures campagnes électorales ou encore « économiques » quand le retour d’ascenseur permet d’aller pantoufler quand le vent démocratique fait souffler le changement.

Méchante Droite.

Avec la gentille Gauche, bien responsable, bien proche des salariés, on allait voir ce que l’on allait voir !

 

On vient tout juste de voir. Et je me pose la question : le choix de ce gouvernement est-il malhonnête ou est-ce de l’amateurisme ?

Malhonnête si Ayrault et Hollande veulent faire croire que l’accord signé avec le sidérurgiste a permis d’effacer la pseudo-menace de suppression des 20.000 emplois du groupe sidérurgique dans l’Hexagone. La menace n’a jamais été réelle mais cet accord qui la lèverait est une humiliation délibérée pour des salariés qui, après 18 mois de lutte, se trouvent roulés dans la farine par un Mittal triomphant devant lequel  le gouvernement de la France a tout simplement baissé culotte.

Et la façon dont cet accord a été présenté est, elle, scandaleuse.

 

Avoir laissé le ministre Montebourg s’engager dans le processus de prise de contrôle publique provisoire pour ensuite le désavouer. Avoir laissé deux industriels responsables préparer un plan d’avenir pour ensuite les désavouer publiquement. Ne jamais s’être emparé du dossier avant la dernière minute autrement que par l’entremise de conseillers au mieux peu au fait du dossier quand on découvre les termes de l’accord (notamment la question des investissements), au pire… Je n’ose imaginer.

Cette politique, cette attitude, sont celles d’amateurs incompétents.

 

Après l’épisode des « Michelin » en 2000, quand Jospin a reconnu qu’un industriel pouvait faire ce que bon lui semblait (« l’Etat ne peut pas tout »), on pouvait comprendre qu’il fallait arrêter les frais dès la campagne électorale de ce printemps 2012. Il suffisait de le dire. Clairement.

Mais amuser la galerie avec un soit-disant projet de loi contraignant puis convoquer le spectre de la nationalisation a dû manifestement amuser un conseiller ou deux. Sans doute pas des conseillers de terrain, de ceux, bien peu nombreux y compris en Lorraine, qui savent ce qu’est le quotidien de la réalité industrielle et ouvrière…

Que le politique de Gauche cède aujourd’hui aux sirènes débilitantes de cet accord indigne et en fasse demain porter les conséquences à des salariés épuisés par leur lutte légitime et démoralisés par l’absence de perspectives pour leur outil sidérurgique -quoiqu’en prétende de façon mensongère ce gouvernement- est non seulement scandaleux mais également inconscient politiquement.

 

Car en condamnant Florange aux rets de Mittal, en signant son arrêt de mort programmé comme Sarkozy l’avait fait pour Gandrange, c’est leur électorat qu’Hollande et Ayrault viennent de dissoudre. Et les socialistes de Moselle en sont bien conscients.

Pour les humiliés, les oubliés, les martyrisés de Florange, qui lors des prochains scrutins ne feront pas le choix de s’abstenir, le PS aura désormais la même saveur que l’UMP à Gandrange.

Une saveur tricolore.

Celle d’un Front National nourri aux creusets clos des hauts-fourneaux mosellans condamnés.

 

Publié initialement le 5 décembre 2012


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