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Faits, opinions et humeurs - Le blog de @jcdrpro

Réflexions "Post-Terville"

16 Décembre 2006 , Rédigé par Jean-Christophe Dupuis-Rémond Publié dans #archives

Je suis toujours stupéfait de "l'emportement scriptural" que déclenchent parfois certains billets de ce Blog.
Mais avec le dernier sur Terville, je crois que c'est le pompon ! Quel déchainement !
Merci Hervé (que je ne connais pas) de poser un jugement honnête après tous ces commentaires anti-Luxembourger (ou anti-Jcdr?).
Si j'étais aussi impliqué et pervers qu'on le prétend parfois, je pourrais penser que Jean-Marie Demange -avec qui j'entretiens par ailleurs les mêmes relations courtoises qu'avec Patrick Luxembourger- a lancé contre mon Blog ses mordeurs les plus énervés.
Rassurez-vous, je n'en crois rien.

Je me fais toutefois deux réflexions :

1. L'expression d'un journaliste (dans les limites que lui autorise la loi), dès qu'elle déplait à tel ou telle est immédiatement taxée de prise de position. Faut-il y voir une explication historique ?
La presse française, celle issue de "La Gazette" de M. Renaudot est originellement une presse essentiellement d'opinion. Et par la suite, elle l'est restée le plus souvent. Ce fut également le cas de la télévision française d'Etat, jusqu'à l'explosion de l'ORTF en 1974. Depuis cette date, et singulièrement aujourd'hui sur une chaine de télévision publique régionale, la parole du Pouvoir n'est plus parole d'Or. Loin de là.
Bien sur, je l'ai déjà écrit, un journaliste ne peut pas être objectif : fermons les yeux, je vous dis "chaise", nous ne verrons jamais la même. Mais chacun verra la sienne avec Honnêteté...

Toutefois son rôle, à la base, est d'être un passeur, un transmetteur d'informations, un rédacteur de faits observés. Cela, c'est ce que devrait refléter chaque média.

Mais ce rôle est à différencier de celui de l'analyste politique (ou sportif, économique, judiciaire, etc.), qu'il soit chroniqueur ou simple commentateur (questions de degrés et, en général, d'ancienneté dans le métier).
L'un des torts du Public et d'ignorer (ou de faire semblant d'ignorer pour certains) la différence entre le commentateur et le rédacteur.
Le tort est partagé par nombre de médias, et leurs journalistes, qui en mélangeant allégrement ces deux aspects complémentaires mais différents du même métier (rédacteur et commentateur) empêchent leurs lecteurs, auditeurs, téléspectateurs de parfois faire honnêtement la part des choses.
Et clairement, à lire les commentaires sur mon billet consacré à Terville, j'ai l'impression de revoir ce dessin du début du siècle dernier évoquant, lors d'un banquet de famille, le bordel (car il n'ya pas d'autres mots) déclenché par l'évocation de l'affaire Dreyfus. De mémoire, je crois qu'il s'intitule : ils en ont parlé*. Et chacun des convives de taper avec conviction (c'est le mot) sur son voisin d'un avis opposé.
Nous avons tous connus ces repas de familles (ils vont être nombreux en ces périodes de fêtes...) où un certain nombre de sujets sont tabous sous peine... d'un (pas forcément) joyeux bordel.
Typiquement français me confiait un jour un ami étranger.

2. Je m'interroge, comme nombre d'entre vous, sur l'influence que l'échange informatique (Internet, wikipédia, les blogs, dailymotion, etc.) peut avoir dans la compréhension du monde. Revel et Mc Luhan l'ont écrit depuis plusieurs années déjà : avec le village global qu'est devenu notre monde, l'information est à la fois si rapide et si présente qu'elle est plus difficile à appréhender. En tout cas l'information juste. Et d'ailleurs qu'est ce qu'une information juste ? Dilemme quotidien du journaliste...
Je pourrais être tenté de vous répondre : "une information émanant d'au moins 3 sources non directement liées entre elles, voire antagonistes, et ainsi recoupée devenant validée". Et puis si les choses se passent en face de moi, je suis au meilleur endroit pour les appréhender !
Sauf que parfois un Malin Deus ex Machina pourrait très facilement perturber même cette honnête perception...

Tout cela pour vous rappeler deux choses :

Je suis un journaliste professionnel et je m'appuie d'abord sur les faits. C'est mon travail de rédacteur.

Mais j'observe depuis de nombreuses années maintenant la vie politique lorraine et ce que je livre dans ce blog relève également de mon statut d'analyste.

Chacun d'entre vous, lectrice ou lecteur, est suffisamment grand pour faire la part des choses.
Je l'espère en tout cas.

Que vous ne soyez pas d'accord avec telle ou telle de mes analyses relève de votre libre arbitre. Et du mien. Mais les faits que je porte à votre connaissance ou sur lesquels je m'exprime sont, eux, difficilement attaquables.


Comme simple démonstration, je reprends la fin de mon précédent billet :

"
Mais même s'il se défend d'avoir cette vision à long terme, il est clair qu'une ré-élection de Luxembourger à Terville renforcerait sa position également au sein de l'Agglo "Portes-de-France" pilotée par l'ennemi d'en face Jean-Marie Demange, voire même sur la circonscription..."

Ceci est une analyse, qui bien sur n'engage que moi. Elle est le fruit d'une réflexion. Pas d'un engagement pour qui que ce soit.

Alors Oui, comme tout le monde, j'ai des affinités politiques. Elles me sont personnelles et n'ont pas lieu d'être mises en avant dans le média pour lequel je travaille, ni sur ce blog.
Je souhaite ce blog comme un lieu d'échanges. Sinon courtois, objectifs, de préférence.

Pour celles et ceux qui ont une rancoeur ou une haine à exprimer, merci d'aller le faire ailleurs.




* Je l'ai retrouvé à l'adresse :

http://www.developpement-durable-lavenir.com/Social

Dessin de Caran d'Ache dans le Figaro du 14 février 1898.
Dessin de Caran d'Ache dans le Figaro du 14 février 1898.

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Bruno Gandouly 18/12/2006 01:00

Bonjour…
Voilà une mise au point qui rappelle utilement que le travail journalistique ne se limite pas au simple exposé des faits, mais propose aussi une lecture de ces mêmes faits.
La brève sur Terville est un modèle du genre, le rédacteur ayant pris le soin de séparer très nettement la partie purement informative (sujet, contexte, causes, conséquences) de ce que l’on peut en penser.
A partir du moment où le traitement des faits est complet, ce qui est le cas dans ce registre de la brève, le lecteur peut accepter la lecture des événements proposée par le journaliste ou la refuser pour fonder son propre jugement au vu des informations dont il dispose.
 L’erreur eût été de sélectionner certaines informations au détriment d’autres, voire de les falsifier,  pour soutenir une thèse et orienter les esprits. Cela s’appelle de la propagande et, bien entendu, il ne s’agit pas de cela ici.
Il faut reconnaître du mérite à un journaliste professionnel lorsqu’il analyse son propre travail sur l’agora en insistant sur les compréhensions du réel qu’il peut apporter au-delà de la simple exposition des faits. C’est bon pour le débat et la démocratie.

marcel Aymé 17/12/2006 11:21

Le plus grave pour un journaliste c'est de susciter l'indifférence ce n'est pas sur le site du Répu (ou de FR3) qu'on verrait s'exprimer les gens aussi librement jusqu'à l'extrème... La liberté du blog c'est cela il faut assumer cette forme d'expression "populaire" (Ségo) en espérant que cela permettra aux citoyens de constuire une pensée politique non populiste et de mettre à mal les "petits caporaux" locaux et ils sont nombreux parmi les élus !
Idées = 0 : une seule volonté réélisez moi ! Mais aux prochaines municipales va y avoir des morts surtout parmi les épigones (comme ceux qui ont été élus autour de JMR aujourd'hui) Que vont-ils faire alors sans leurs indémnités ? Car fondamentalement c'est ça qui les motive ces petits notables de provinces. Aujourd'hui la Mairie fonctionne grace au Maire et son DG autour c'est encéphalogramme plat...

zoé 17/12/2006 10:46

cher jean-christophe : plus d'un s'est fait prendre son blog en otage par des professionnels du commentaire (il n'y a qu'à voir les nombreux blogs qui ont tout simplement supprimé tout commentaire).vous pouvez bien sur vous féliciter que vos billets suscitent des commentaires car c'est aussi le but recherché. mais vous n'êtes pas responsable de ce qui s'y dit ni n'avez obligation d'y répondre : en le faisant vous encouragez les plus vindicatifs à déverser leur bile. Ignorez-les, laissez d'éventuels lecteurs leur répondre... ils finiront par se lasser.bonne continuation