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Les faits :

 

Commémoration ce matin à 10h au Fort de Queuleu de la journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Résistance.

L’association Couleurs Gaies, invitée, boycotte la cérémonie et dépose sa propre gerbe de fleurs en forme de triangle rose devant le monument à l’issue de la célébration officielle. En compagnie de quelques élus messins. En mémoire non pas seulement des martyrs homosexuels de la barbarie nazie mais de tous les martyrs.

Elle proteste car en Moselle, elle n’arrive pas à faire citer l’homosexualité comme motif de déportation au même titre que les autres motifs : communiste, juif, tzigane, etc.

Ni dans le discours de ce matin, ni sur la plaque commémorative qu’elle souhaiterait voir installer au Fort de Queuleu, lieu de sinistre mémoire pendant la Seconde Guerre mondiale.

Citer l’homosexualité comme motif de déportation est pourtant le cas désormais (presque) partout ailleurs en France.

Selon l’association, c’est la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP) qui fait blocage.

Ce matin, le président de la section locale  de la FNDIRP a démenti, m’expliquant que "la décision vient de plus haut !"

Où çà plus haut ?

Mystère !

Couleurs Gaies accuse également la Préfecture de la Moselle et l’Office national des anciens combattants (ONAC) de ne pas prendre leur responsabilité.

 

 

Mon opinion :

 

La photo parle d’elle-même :

 

A gauche, les militants de Couleurs Gaies avec au sol leur gerbe en forme de triangle rose, ce triangle rose qui identifiait les déportés homosexuels dans les camps nazis.

Au fond, les officiels, prêts à entrer dans l’enceinte du Fort de Queuleu et qui ne sont même pas venus les saluer en arrivant.

Aucune poignée de main non plus ne sera échangée à l’issue de la cérémonie officielle.

Ils ne verront de la plupart des représentants des différents services de l’Etat que leur dos.

Dominique Gros leur a fait un grand sourire crispé.

Lui non plus ne leur a pas serré la main.

 

La République Française en Moselle a-t-elle honte de la présence d’homosexuels venus rappeler que c’est pour ce motif sexuel uniquement que des citoyens français ont été victimes de la barbarie nazie ?

Une victime homosexuelle des nazis n’est-elle pas une victime comme les autres ?

Est-elle une sous-victime ? Et les homosexuels des sous-hommes ?

Toutes ces questions me sont venues à l’esprit ce matin en observant l’attitude des officiels à leur sortie de voiture, au premier rang desquels le Préfet de la Moselle et le maire de Metz.

 

J’ai eu honte.

Honte en tant qu’Homme.

En tant que Citoyen.

En tant que Français.

 

Honte que, 64 ans après la libération des Camps,  un tel acte, qualifié à la sauvette de « malentendu » par le Préfet,  puisse se dérouler un jour comme celui-là dans un lieu comme celui-là.

 

Ma découverte de l’Indicible in situ en février dernier à Auschwitz avec les jeunes messins du Lycée de la Communication m’est revenue en pleine face.

 

Une telle incapacité à accepter l’homosexualité serait donc toujours présente dans notre société française au 21ème Siècle ?

L’Etat Français cautionne t’il cela ?

Au profit de qui ?

De sombres abrutis qui se feraient une joie de casser ou dénoncer du pédé en cas de retour de la Barbarie ?

 

Je n’ai eu ce matin que des regards fuyants et des sourires gênés comme réponse à mes questions.

 


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