Partager l'article ! Communiquer, exister et se foutre des français.: « Les journalistes ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur ...
« Les journalistes ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits, eux, ont une morale », voila les propos de Nicolas Sarkozy à l’endroit des journalistes le 18 mars dernier à son retour du Mexique (voyage privé logé par l’Etat mexicain chez un riche ressortissant apparemment lié au trafic de drogue puis voyage officiel) selon le Canard Enchainé de cette semaine.
Des propos qui ne sont pas contestés.
Ce même Nicolas Sarkozy qui s’est tout autant lâché sur les chefs de gouvernements qu’il a côtoyé au dernier G20. Au grand plaisir de la presse internationale…
Propos contesté et démentis par l’Elysée mais confirmés par The Guardian après recoupements.
La question ici n’est pas de savoir si les journalistes sont tous nuls et tous anti-Sarko primaires, j’en connais qui l’adore et c’est leur droit.
Pas plus que je ne remets en cause son statut actuel, il a été légitimement élu en 2008, bien plus légitimement à mon sens que Jacques Chirac face à Le Pen en 2002.
Non cela ne concerne pas les journalistes.
Cela ne concerne pas non plus Nicolas Sarkozy en tant que Nicolas Sarkozy et je ne reviendrais pas sur les avis d’experts -réels ou prétendus- avançant, dans le désordre, que cet homme serait sous l’influence de la secte de scientologie au motif qu’il admire Tom Cruise, ni qu’il serait un addict notoire (quelqu’un a d’autres preuve que cette vidéo qui ne dit pas grand-chose au fond, même si Sarkozy prétend qu’il ne boit jamais d’alcool), ni qu’il a une revanche à prendre sur son père qui l’a abandonné (père qui verrait bien une dynastie Sarkozy régnant sur la France, s’appuyant en cela probablement sur la longueur des dents de son petit-fils), ni même que son complexe de culpabilité le pousse à se ridiculiser devant le monde entier pour faire croire avec Obama (comme il y a quelques mois avec Bush) qu’il a la taille aussi grande que son égo.
Non, le fond du problème à mon sens, c’est que ce garçon est le symbole de sa génération politique.
Une génération qui compte un nombre conséquent d’incapables foutriquets dont la pédanterie n’a d’égale que l’inculture et dont le tour de tête ne se mesure finalement qu’au tour de poignet de leurs montres prétentieuses.
Ont-ils même une idée du temps qu’a passé chaque artiste (car c’en sont) à réaliser ce qu’ils portent aux poignets quasi avec dédain…
Les quadras de l'époque Longuet-Noir-Madelin étaient un peu comme cela. Mais eux, souvent, avaient du fond. Je pense à Longuet en particulier. Les coups qu'il a pris lui ont permis de grandir au point d'apparaître aujourd'hui nettement plus à la hauteur de ces mandats qu'avant 2000. Au point de me faire penser qu'il serait certainement plus efficace dans les sphères politiques européennes et internationales que comme simple sénateur et conseiller régional.
Le voir cotoyer Nadine Morano au conseil régional de Lorraine est pour moi un véritable crève-coeur.
Ces gens là, les médiocres de la bande Sarko-Royal, qui représentent à mon sens plus de la moitié de leur génération politique sont bien plus intéressés par l’importance de l’exposition de leur melon, ou encore la taille de leur réseau d’influence et de leurs comptes en banque que par le bien-être des français.
Des français qui peut-être n’ont pas compris que l’ère monarchique était désormais révolue. Et qu’il ne suffisait plus d’enfiler des habits de Chef de l’Etat pour en avoir la carrure, en particulier quand on manque singulièrement de fond. Y compris intellectuellement. Et plus encore de vision.
Quelle est aujourd’hui par la génération des Sarkozy-Royal-Morano-Besancenot-Bayrou et consorts leur vision de la France de demain (au-delà des habituels grands mots, rabâchés depuis quasi une décennie, face à un monde en mutation accéléré ?
Qu’ont-ils d’autre à proposer que de la communication, encore et toujours, communication de l’immédiat, sur l’immédiat pour gommer toutes possibilités de réfléchir à leur projet à long terme pour notre Pays ?
Ce qui d’ailleurs, toute proportion gardée, est exactement la technique employée depuis 2004 par Jean-Pierre Masseret et depuis 8 mois par Dominique Gros. Mais eux n’ont pour l’instant personne en face pour leur jeter à la figure cette réalité.
Il y a bien Emmanuel Lebeau à Metz qui pourrait jouer ce rôle. Mais en est-il seulement conscient…
Je me faisais la réflexion ce week-end que Ségolène Royal était finalement le Lebeau de Sarkozy.
Japper, aboyer, s’excuser, sans jamais rien proposer de concret, et surtout pas sur le long terme.
Il n’est pas besoin d’aller très loin pour trouver les sources françaises de ce mode de communication : parler très fort pour ne rien dire mais exister.
Et mentir même si nécessaire.
Le Pen s’y ait longuement employé, Nicolas Sarkozy a pratiqué cela depuis 1994 et jusqu’à son élection.
Mais revenons-en à Royal.
Quel autre choix effectivement à t’elle pour exister politiquement ailleurs que dans sa Région ?
Quelle est sa légitimité pour parler au nom de la France ?
17 millions d’électeurs qui se sont portés en 2007 sur son nom ?
Pourquoi pas.
Mais en réalité, là n’est pas la question.
Ségolène Royal sait quelle doit exister. Tout simplement. Et à tout prix, après avoir manqué la place de Première Secrétaire du PS face à une Martine Aubry qui ne lui laisse aucune marge de manœuvre.
Alors elle jacasse, tous azimuts. A la façon d’un Sarkozy que Chirac tentait de brider il n’y a pas si longtemps.
Et pendant ce temps le monde tourne, la crise s’installe, les français souffrent.
Et souffrent sans doute plus encore de voir que leur sort intéresse bien moins leurs élus que les pantalonnades de l’un et les battements de coulpe de l’autre.
Le tout porté par d’hystériques histrions qui ne font rire qu’eux-mêmes.