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Faits, opinions et humeurs - Le blog de @jcdrpro

Un monde qui change ?

9 Octobre 2008 , Rédigé par jcdr Publié dans #archives


"Après mai 68 et la fin des 30 glorieuses, j'ai l'impression que nous sommes en train de vivre un nouvelle fin d'époque", me confiait tôt ce matin un ami enseignant qui partait au travail.

Et de m'expliquer que de nombreux indices l'amenaient à cette perception.

Une crainte du musellement de l'information depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, crainte renforcée par des inquiétudes sur l'avenir de France 3 à Metz. Sur ce point, j'ai tenté de la rassurer en lui transmettant les paroles rassurantes de mon directeur : "Metz n'est pas menacé". Il m'a répondu : "les paroles, on les connait, tout comme la chanson!" Que répondre ?

Il n'est pas plus serein pour son métier, précisant qu'il "suffirait à un journaliste de passer une journée à l'inspection d'académie pour se faire un nom tellement il y a de choses à raconter, bien cachées derrière les murs."

Là, il m'a fait penser à Dominique Boh-Petit, l'avocate messine rencontrée hier à l'occasion d'un reportage sur le suicide d'un mineur récemment condamné, dans l'enceinte de la prison de Queuleu.

"Quand je suis en réunion nationale à l'Observatoire International des Prison avec des représentants des autres établissements pénitentiaires, tous me disent, ma pauvre, Metz-Queuleu, c'est vraiment le pire de tous. Une verrue. Mais jamais tu ne sauras ce qui se passe réellement à l'intérieur. C'est la loi du silence doublée parfois de la loi du plus fort. Ceux qui en sortent et osent parler produisent des témoignages bouleversants. Et que fait-on ? De gros coup de pub, un coup de pinceau, encore une tournée de la ministre pour amuser la galerie. Il y aura d'autres suicides. Tout cela est scandaleux. Mais comme tout le monde se dit qu'ils l'ont bien mérité, il n'avait qu'à pas faire de conneries, rien ne peut évoluer. Ils ont juste oublié que la prison était faite pour payer mais aussi pour construire sa réinsertion... Et si tu savais tout ce qui s'y passe et qu'il est interdit d'évoquer."

Je n'ai pas entendu récemment beaucoup de voix s'élever au sein du conseil municipal sur la situation de et à Metz-Queuleu.
Les impôts non prévus et que certains annoncent comme déjà programmés semblent bien plus importants.
Et tout cas alimentent la vie électronique.

Certains élus tels la messine UMP Marie-Jo Zimmermann et le socialiste Michel Liebgott connaissent la situation pour avoir visité la prison. MJZ devrait peut-être inciter d'autres élus à constater de leurs yeux la réalité, tout en ne se laissant pas endormir par le parcours idyllique trop souvent réservé au visiteur traduisant la maxime "on ne montre que ce que l'on veut montrer."
Dominique Boh-Petit elle-même pourrait édifier ces collègues de l'opposition municipale messine de ses connaissances précises sur la situation.
Mais pour la majorité du PS qui paraît-il vire à gauche toute en Moselle (déjà 20 signatures messines sur les 110 signatures au bas de la motion C,
celle du NPS Hamon, et un petit dej samedi matin* pour fêter cela) le congrès de Reims est la préoccupation principale.

Ah pardon, de quoi me plains-je : Dominique Gros a pensé à défendre France 3 Metz, quelques jours après Nathalie Griesbeck.

Alors au fond, si on additionne la gestion américano-sarkozyste de la France, le fonctionnement en roue libre de l'Education Nationale, la disparition de la notion de solidarité à l'échelon gouvernemental (sauf pour les copains bling-bling), une information de service public à laquelle on retire les moyens de travailler, des élus qui semblent dépassés pour les plus honnêtes et qui franco jouent aux roitelets pour les plus parvenus, localement ou nationalement (ce qui a toujous plus ou moins existé mais s'affiche désormais sans états d'âme), une Droite devôte au Sauveur de la Planète  (et,plus important encore, du scooter de son fils) et une Gauche en lambeau, plus déchirée que jamais je me dis que notre beau pays est en train de joyeusement partir en vrille...

Et qu'il est plus que temps de prendre en compte une vision supérieure, européenne, en sortant du manichéisme simpliste Droite-Gauche, pour sortir de ce marasme intellectuel dans lequel nous plonge des élites qui n'en sont plus et des groupes de pressions qui y barattent leur crème au quotidien.

Certaines choses toutefois ne changent pas, comme la vidange annuel de l'étang de Lindre et son marché aux poissons (qui tombe systématiquement le même week-end que la vente de charité aux Hospices de Beaune...).

Et c'est en regardant à quoi ressemble le fond de l'étang que je me fais à chaque fois la réflexion que l'analogie avec la politique n'est pas si absurde...




1.
480 hommes et 27 femmes sont écroués dans l'établissement messin pour 448 places théoriques.

2. 10h30 au café Jehanne d'Arc place Jehanne d'Arc à Metz.

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piverte augusto 10/10/2008 10:13

cher jcdr,si je comprends bien il n'y a aurait d'avenir politique que ches les orange qui sont les seuls à repecter un code de déontologie selon ton bréviaire politique! allez la caste  politique se préocuupe essentiellement de sa réélection, dit souvent le contraire de ce qu'elle affirme (voir le cumul des mandats) et se trouve bien loin des préoccupations de base d'électeurs qui s'éloignent des urnes et on les comprend;finalement tu proposes quoi sur queuleu? une rencontre publique de toutes les chapelles politiques au café jeahannne d'arc pour  en causer avec fr3 en grève, la presse écrite parlée ou d'aller se recueillir sur les tolmbes de promesses non tenues, concrètement on fait quoi?

jcdr 10/10/2008 11:15


Je ne doute pas que tes amis ont d'excellentes idées sur ces questions. ET qu'il y a d'excellentes personnalités actives parmi les élu(e)s. Et que généraliser c'est caricaturer, ou alors tu
découvres le ton de ce blog.
Pour ce qui concerne Queuleu, une fronde des parlementaires et élus réunis (régionaux, locaux, départementaux et nationaux) exigeant un plan avec agenda précis de réhabilitation de cette prison
pourrait être un premier geste plus que symbolique. Mais on en revient à l'éternelle double question : quel leader légitime pour emmener ce "mouvement" et les autres élus (qui mettraient leur
orgueil sous leur mouchoir), quel écoute à Paris de telles doléances.