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C'est à se poser la question à la lecture édifiante de la
note d'un haut-gradé de l'armée de terre dévoilée pour partie par Jean-Dominique Merchet, le journaliste défense franc-comtois (cela va faire plaisir à Dramelay) du quotidien Libération sur son blog.
Faisons un petit bilan, qui n'échappera pas forcément pas à la caricature, au sens du trait grossi.
Mais enfin, que constater sur les 15 dernières années ?
Des hélicos partiellement cloués au sol.
Des soldats épuisés par les délires de
puissance de responsables politiques qui les baladent dans le monde entier.
Un regard de plus en plus dur des pays où interviennent nos troupes
accusées de tous les outrages.
Un matériel en quantité très insuffisante, souvent dépassé, voire obsolète et qui oblige à se fournir ailleurs au point
de s'interroger sur les risques de menaces graves sur la survie des combattants sur les terrains les plus durs.
Et je passe sur la grogne ouverte des officiers, la gestion de l'informatique, celle
des porte-avions et celle des réservistes ...
Sans parler du Rafale, un avion très cher selon le ministre de la défense, globalement efficace
mais qui ne séduit pas à l'étranger.
Je ne suis pas le premier à le dire, mais il est bon de le rappeler, encore et encore, car plus que jamais, la vie de nos soldats en dépend : en raison de
l'incapacité du politique à prendre de vraies décisions doctrinales et budgétaires notre armée apparait dépassée, va devenir progressivement inefficace (ce qui ne serait
déjà pas glorieux) et se trouve désormais - et c'est bien le pire- en danger, nos soldats étant
envoyés de plus en plus tôt sur le terrain après leur engagement -et donc insuffisamment formés- et de façon répétée pour ceux qui auront eu la chance de survivre aux pires situations.
Une réponse selon moi est de nature européenne. Accepter l'idée que, tout en conservant une force nationale dont les contours
de mission sont à définir clairement, les pays européens qui le souhaitent puissent constituer une véritable force dont la nature de l'engagement -amendable en cas de situations critiques au
regard du droit international et des accords de défense pris au niveau européen- doit être proposée par le Conseil et validé par le Parlement qui détachera auprès de l'État-major mis en
place des observateurs impartiaux.
Il est plus qu'urgent pour Nicolas Sarkozy, au lieu de gesticuler, de prendre sur les questions de Défense des actes forts en tant que
Président en exercice de l'UE.
Et cela me parait autrement plus important que d'assurer le service après-vente de sa chanteuse de variétés qui tout l’été malgré un matraquage obscène a vendu (et continue de vendre) moins de disques, par exemple, que Cindy Sander, de s'occuper des égouts de sa belle-mère
ou de l'occupation des villas corses de ses copains.
PS : pour les amateurs de longues et fructueuses lectures, le
rapport parlementaire de 2007 sur la défense nationale est particulièrement édifiante...